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Les grains de riz sur l’échiquier ou la puissance de la loi de multiplication exponentielle |
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On dit qu’un jour en Chine, alors que le cortège impérial traversait un pont, les chevaux qui tiraient le char de l’Empereur s’emballèrent et projetèrent celui-ci par-dessus la balustrade dans la rivière. L’Empereur ne savait pas nager et il était sur le point de se noyer. En effet, la loi impériale stipulait que nul ne devait ni regarder ni toucher l’Empereur sous peine de mort. Donc aucun des badauds qui avaient assisté à la scène, pas même les soldats, n’eurent le courage d’enfreindre cette loi séculaire. Seul un homme, que les cris du pauvre Empereur en train de se noyer, avaient profondément touché, décida d’enlever ses habits et de plonger dans l’eau pour le secourir. Il le ramena vivant sur la berge. Mais selon la loi, on dut le conduire dans la cité impériale où il fut jeté dans un cachot jusqu’à ce qu’on décide de son sort. En effet, il s’agissait d’une contradiction, la Chine lui devait son Empereur, c’était son soleil, mais en même temps la loi séculaire le condamnait à mort pour l’avoir touché en le sauvant. Le lendemain, l’Empereur décida qu’on le remit en liberté et lui fit savoir qu’il était convoqué le jour suivant dans la Salle de Justice afin de pouvoir émettre un vœu que réaliserait l’Empereur, qui lui devait maintenant la vie. Notre homme rentra chez lui en réfléchissant à son vœu. La Chine lui devait la vie de son Empereur, donc de son soleil, et cela méritait un cadeau conséquent mais, d’un autre côté, il savait que l’Empereur était avare et que, si son cadeau paraissait trop énorme, il pourrait bien se retourner vers la loi séculaire et le faire exécuter sur le champ. Aidé d’un ami mathématicien, il mit au point un stratagème. Le lendemain, il se présenta à la convocation à l’heure dite. L’Empereur l’accueillit et lui dit : « Tu connais la loi séculaire, et je devrais te faire exécuter. Mais d’un autre côté tu m’as sauvé la vie et la Chine entière t’est redevable. J’ai décidé d’accéder au vœu que tu voudras bien me soumettre à condition que celui-ci soit raisonnable. Mais tu te doutes bien que si tu me demandes trop, alors je serai obligé d’en revenir à la loi séculaire qui régit la Chine depuis la nuit des temps ». Notre homme avait bien réfléchi, et cette proposition ne l’étonna pas. Il demanda donc simplement à l’Empereur qu’on mette sur un échiquier un seul grain de riz sur la première case, deux grains de riz sur la deuxième, quatre grains de riz sur la troisième, huit sur la quatrième, etc. En fait, il s’agissait de multiplier par deux le nombre de grains de riz sur chacune des 64 cases de l’échiquier. Ce vœu parut un peu dérisoire à l’Empereur, qui n’en laissa rien paraître, et l’accepta d’emblée. Les scribes avaient noté, l’Empereur apposa sa signature et son sceau impérial, il n’était donc plus possible, sous peine de perdre la face pour l’Empereur, de revenir sur sa parole. Dans les jours qui suivirent, il fit exécuter ce vœu par ses chambellans. Que ne fut-il pas étonné de voir l’un d’eux paraître, le visage déconfit, lui annoncer que pour pouvoir remplir les conditions du vœu, donc accumuler autant de grains de riz qu’il était nécessaire, ils allaient devoir sacrifier une année entière de moisson… Ce conte donne, de manière déguisée, un cours sur les puissances… Ici, 264 . Imaginez (ou calculez) le résultat qu’on obtient en multipliant 2 par lui-même et cela 64 fois ! Ce calcul peut être appliqué à bon nombre de situations… |
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