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Sectes, anti-sectes, coaching ![]() |
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| D’un côté les sectes, associations cultuelles prêtes à tout pour maintenir leurs membres dans les limites d’une pensée grégaire et d’un comportement conforme à cette pensée ; capables d’utiliser et d’inventer à cette fin tous les moyens possibles et imaginables : intimidation, pression psychologique, manipulation mentale, chantage, culpabilisation, voire privations, séquestration, violences diverses… Il semblerait que le but visé par ces pratiques ne soit pas l’allègement des souffrances humaines mais bien plutôt leur aggravation.
De l’autre côté les anti-sectes, associations de familles prêtes à tout pour maintenir leurs membres dans les limites d’une pensée grégaire et d’un comportement conforme à cette pensée ; capables d’utiliser et d’inventer à cette fin tous les moyens possibles et imaginables : intimidation, pression psychologique, délation, diffamation, amalgames, chantage affectif, culpabilisation, enquêtes bâclées, reportages biaisés, « chasse aux sorcières » aveugle, manipulation des textes, des images et de l’opinion publique… Il semblerait que le but visé par ces pratiques ne soit pas de combattre les abus des sectes, mais bien plutôt la liberté constitutionnelle de croyance et d’association. Entre les deux, mon cœur balance…
Avantage de la secte par rapport à la famille : on la choisit.
Avantage de la famille par rapport à la secte : l’appartenance est gratuite.
Inconvénient des deux : elles rendent impossible à leurs membres (ou en tous cas bien difficile) la construction d’une pensée autonome et d’une vie basée sur leurs propres valeurs intimes.
L’injonction persistante d’un groupe quel qu’il soit (race, religion, nation, parti politique, entreprise, famille…) à se conformer à ses normes de pensée et de comportement rend malaisée, et souvent douloureuse, l’écoute par l’individu de la voix et des mouvements de sa conscience la plus profonde, de ce « moi » unique qui sait parfaitement ce qu’il pense, ce qu’il aime, ce qu’il veut, ce qu’il désire et, surtout, qui il est.
Le premier rôle (et certainement le seul rôle légitime) d’un thérapeute ou d’un coach digne de ce nom, est d’offrir à la personne en demande qui vient vers lui un espace le plus libre possible de toute pression grégaire, au sein duquel la véritable identité, le plus souvent recouverte par un ensemble complexe d’injonctions et d’interdictions apprises et « plaquées », va pouvoir se révéler, s’épanouir, se réparer, s’exprimer, se structurer, donner peu à peu naissance à un être humain autonome responsable des choix qu’il fait en fonction de ses aspirations et besoins les plus fondamentaux, à un être humain capable d’assumer en toute conscience la distance et les relations qu’il souhaite entretenir avec ses semblables. Cet espace offert, créé, est celui de la permission d’être, nettoyé autant que faire se peut des jugements, critiques, pressions et intérêts contradictoires. La demande croissante pour ce type de relation ouverte et constructive, pour cette qualité d’écoute, en dit long sur l’impossibilité de nos contemporains de la trouver ailleurs que dans le cadre d’un accompagnement professionnel structuré.
Rien d’étonnant, donc, que le thérapeute ou le coach qui fait bien ce travail soit la cible d’attaques répétées, et parfois féroces, de la part des sectes comme des anti-sectes. Pour les deux, il est l’empêcheur de penser en rond, d’agir en mouton. Il sait et peut rendre l’individu à lui-même, libre à cet individu de se donner ensuite à ce que bon lui semble (carrière, passion, famille, association…), mais alors en toute connaissance de cause, débarrassé des zones d’ombre exploitables, manipulables par autrui.
Suppôt du tentateur et instrument de perdition pour la secte, « nouveau gourou » aux ramifications suspectes pour l’anti-secte, ce travailleur de l’être dédié à l’humain qui aspire à devenir, doit sans cesse se définir, se préciser, se rendre transparent face aux représentants d’institutions opaques aux contours incertains.
Ces institutions, infiltrées dans tous les rouages de la société, de préférence à proximité des centres décisionnels névralgiques, exercent un pouvoir occulte de plus en plus palpable dans ses conséquences débilitantes et empoisonnantes du tissu social : suspicion mutuelle, traque rampante, calomnie, atteinte à la vie privée et/ou professionnelle, dissimulation des croyances et convictions, crainte de la transparence…
Les sectes marginalisent ; les anti-sectes excluent. Les sectes attirent et séduisent ; les anti-sectes attaquent et poursuivent. Les sectes vendent (très cher) du rêve ; les anti-sectes imposent interdictions et préjugés. Tous deux jouent d’influence, au détriment de la cohésion sociale et de la nécessaire tolérance.
Le chemin devient étroit entre ces deux frères ennemis, entre ces deux extrémismes, tant ils envahissent le champ social et médiatique par leurs clichés réducteurs, perturbateurs d’une réflexion sereine et libre.
Le thérapeute ou le coach qui parvient à s’en dégager, funambule sur la corde raide, rend un fier service à tous ceux et celles qu’il rencontre dans le cadre de son métier d’accompagnant. |
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