Apprivoiser son ombre

Qu'est-ce que l'ombre ?

  L'ombre, tout ce que nous avons refoulé dans l'inconscient par crainte d'être rejeté par les parents. Toutes les répressions et les refoulements accumulés au fil des années constituent cette énergie psychique compressée, vivante et active, que nous appelons ombre. C'est cet obscur trésor fait d'éléments infantiles de l'être, de ses attachements, symptômes névrotiques, talents et dons non développés.

Elle assure le contact avec les profondeurs cachées de notre âme, avec la vie, la vitalité et la créativité.

Il est nécessaire de lui faire bon accueil ; l'ombre se laissera apprivoiser et elle nous révélera alors toute sa richesse. Il s'agit donc d'apprivoiser son ombre, de réintégrer dans la zone du conscient les éléments occultés de son être et de se les réapproprier afin d'atteindre l'épanouissement le plus complet de sa personne. Il s'agit d'une croissance psychologique et sociale pour le développement moral et spirituel. Il s'agit de récupérer des parties de soi qu'on a refoulées par crainte de rejet social.
Si l'ombre n'est pas reconnue et accueillie, elle créera des obsessions mais aussi des projections sur autrui pour forcer l'entrée dans le conscient, c'est-à-dire que les traits et qualités que la personne aura refusés de voir en elle seront attribués à d'autres, comme si elle leur mettait des masques. Elle aura alors tendance soit à idéaliser les porteurs de ses projections, soit à les mépriser ou à en avoir peur d'où des conflits. Par une curieuse réverbération, les projections se réfléchissent sur le projecteur lui-même et le hante. Il tombe sous la fascination ou la répulsion de sa propre ombre. La connaissance des jeux, reflets et effets de l'ombre est donc un atout précieux pour le coach chargé d'arbitrer ce genre de conflit.

D'après Jung, l'homme qui s'efforce d'être en accord avec son ombre au point de réintégrer ses projections, fait œuvre utile pour le monde : « et si infime que cela puisse paraître, il réussit à trouver des solutions aux problèmes tellement insurmontables de notre temps. »

Le travail de réintégration de son ombre est important pour le développement de la vie morale, d'une morale centrée sur la loi à une morale de la conscience. La réintégration de l'ombre a une influence directe sur la formation de la conscience morale.Deux périodes de l'existence s'avèrent sensibles au développement de l'ombre : le début de la vie spirituelle et le milieu de la vie. Ces périodes ont une valeur et une portée initiatique pour la construction de son identité personnelle et sociale, pour sa propre inscription dans la société et aussi pour définir un certain rapport aux autres. La première tâche du novice est d'examiner ses défauts, ses peurs, ses répugnances et ses antipathies. Jung disait : « Trouvez ce dont une personne a le plus peur et vous saurez de quoi sera faite sa prochaine étape de croissance. » D'où la nécessité véritable et profonde de s'accepter soi-même.

La vie spirituelle au milieu de l'existence : c'est à ce moment-là qu'on devrait se demander : « devrais-je seulement me contenter de changer l'extérieur de moi-même ? Ne faudrait-il pas que je plonge d'abord à l'intérieur de moi ? » Le défi de cet âge est d'explorer en soi un monde de possibilités en friche.
La crise du milieu de la vie (35-40 ans) exige de soi l'exploitation du potentiel enfoui de son ombre, sans quoi l'attente de son plein développement personnel s'en trouvera compromis. Entrer en contact avec son ombre et en exploiter les richesses n'est pas de tout repos.
L'ombre ne se laisse pas détecter facilement. Un psychologue jungien affirmait qu'une personne qui n'aurait aucune idée de l'ombre et de ses effets serait incapable d'en deviner l'existence. L'école de la psychologie analytique de Jung et de ses disciples offre la théorie la plus claire et la plus pratique sur l'ombre. L'ombre telle que la concevait Jung, à savoir un ensemble de complexes et d'énergie refoulée, se  profile depuis toujours dans les mythes et les histoires sous la forme de divers archétypes : le frère sombre, le double, les jumeaux dont l'un affiche un caractère sinistre, l'alter ego, etc. Pour désigner l'ombre, il utilisa diverses expressions telles que le soi réprimé, l'alter ego, le côté sombre de soi...

Jung décrit l'ombre comme l'autre en nous, la personnalité inconsciente de l'autre sexe ou encore l'autre qui nous embarrasse ou nous fait honte. Il la définit comme le côté négatif de la personnalité, la somme de toutes les qualités désagréables que nous avons tendance à détester et à cacher, ainsi que les fonctions insuffisamment développées et le contenu de l'inconscient personnel.

L'ombre est donc un matériau refoulé. En bref, disons que si l'ego est l'endroit conscient de la personne, l'ombre en est l'envers inconscient. Les autres distinguent souvent mieux le côté sombre de notre personnalité que nous nous refusons à voir.
     
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